Je vous propose de continuer notre aventure à la rencontre des développeurs “péï” avec l’interview de Thomas Lemaitre, un de mes plus anciens partenaires. A vrai dire, Thomas fait partie de mes tous premiers clients ! Trois ans plus tard, nous continuons à collaborer dans la joie et la bonne humeur. Son interview m’a permis de mieux le connaître. A votre tour maintenant !

Thomas Lemaitre

LE DÉVELOPPEUR MOBILE

Qui es-tu ?

Je m’appelle Thomas et je suis le directeur technique de Squirrel depuis maintenant 3 ans. Mais avant tout, je suis un développeur mobile passionné.

Que fais-tu donc, en tant que CTO ?

Je m’occupe de la gestion des projets : je rédige les spécifications techniques et les documents. Je fais aussi de l’avant-vente : j’analyse les besoins clients pour faire les chiffrages, les cahiers des charges, etc … Je suis également directeur général de Squirrel ce qui implique de gérer aussi la partie administrative de l’entreprise au quotidien.

Du coup, il ne doit pas te rester beaucoup de temps pour coder….

Oui, je n’ai plus beaucoup de temps pour coder… mais je dois coder malgré tout ! Ca me fait donc des journées très longues et il me faut bien m’organiser pour ne pas être débordé.

Imaginons que j’ai 5 ans, comment me décrirais-tu ta journée de travail ?

(Rire) Quand j’arrive, je traite mes mails et mes messages slack de la veille.

(Avec une voix d’enfant) : Slack ? C’est quoi çaaaa ?

Slack sert à communiquer, à s’envoyer des messages en interne, pour nos équipes et nos clients. Et comme on est en décalage avec la métropole, j’ai parfois des messages le soir auxquels je ne peux pas répondre alors je les traite le matin.
Ensuite, je fais un point avec les développeurs pour voir ce qu’ils ont de programmé pour leur journée avant d’enchaîner sur les tâches quotidiennes de ma todo-list. C’est une todo-list que bien entendu, je n’arrive jamais à terminer … (rires)

Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir ce métier : développeur ?

J’ai fait ce choix pendant mes études supérieures. Être développeur n’était pas du tout une vocation : au début, j’avais autre chose en tête.

Déjà, il faut savoir que j’ai eu mon premier ordinateur très tard. Je devais être en première, alors que tous mes camarades avaient déjà un petit ordinateur depuis le primaire ! Du coup, mon histoire avec les ordinateurs a commencé tard, très tard.

Quand j’ai commencé mes études supérieures, je voulais être vétérinaire. Je suis parti à la fac où j’ai fait la première année de licence en sciences, qui est un “tronc commun”. A ce moment-là, j’ai constaté qu’accéder à l’école de vétérinaire s’avérait beaucoup plus compliqué que ce à quoi je m’attendais. Du coup, j’ai switché en maths-info et c’est là que j’ai découvert l’informatique. Je suis ensuite entré à SUPINFO en deuxième année.

Là encore, je m’orientais plutôt vers la partie “Réseaux” parce que le développement ne me plaisait pas. Malheureusement, je n’ai trouvé que des stages en développement web et c’est comme ça que j’ai découvert le métier. Je me suis dit que c’était vraiment cool de pouvoir créer des sites web juste en écrivant du code. Ma passion du développement web est née à partir de là. J’ai découvert le développement mobile 2 ans après avoir fini mes études et c’est devenu ma nouvelle passion.

Est-ce qu’il y a une personnalité ou une entreprise qui t’inspire en particulier ? Ou qui t’a inspiré ?

A la Réunion, même sans les avoir jamais rencontrés, j’aime bien l’esprit de CAHRI qui est une agence sur Saint-Leu.
En métropole, une entreprise représente pour moi un bon modèle : AppStud. Ils sont présents à Toulouse et à l’île Maurice. Ils ont pris le même chemin que le nôtre, à savoir une approche mobile-first et une spécialisation dans le développement d’application mobile. Ils ont un bon team spirit et font de beaux projets.

Quelles sont tes technologies de prédilection ?

Au niveau mobile, je fais du développement cross-platform avec Accelerator Titanium depuis plus de 6 ans. C’est la technologie que j’utilise le plus. Au niveau web, j’ai fait le choix d’utiliser du Node.js. Du coup, je l’utilise de plus en plus et je le trouve vraiment bien pour faire des projets web.

Quels aspects de ton métier apprécies-tu le plus ?

L’aspect que j’apprécie le plus , c’est de mettre en place des solutions techniques pour répondre à un besoin client. Bien souvent, les clients n’ont pas la solution à tout. Comme de mon côté, j’ai une vision globale du projet, j’arrive à faire en sorte de mettre en place une solution en utilisant les différentes briques techniques à ma disposition. Avec l’expérience que j’ai maintenant, ça devient de plus en plus agréable.

Quelles méthodes de gestion de projet utilises-tu ?

On utilise SCRUM autant de possible. Néanmoins, ça reste parfois compliqué de l’appliquer à notre échelle vu qu’on est une petite équipe. Par exemple, on a parfois un Product Owner et SCRUM Master qui sont la même personne … En tout cas, on est toujours en mode agile et on fixe notre planning à la semaine.

As-tu des livres ou d’autres ressources à recommander ?

Je recommande la biographie de Steve Jobs. C’est celui qui m’inspire le plus. Quand on voit la vie qu’il a eue, et ce qu’il a accompli, on se dit qu’il faut se donner les moyens pour réussir.

Si ton parcours était une oeuvre …

(Réfléchit) Je choisirai un film : Le Seigneur des Anneaux.

La trilogie complète ou seulement un des trois films ?

Le tout, parce que c’est une histoire qui se rapproche de la vie. Bien entendu, on ne mène pas de guerre et tout ça… Mais pour moi c’est très similaire : la vie est pleine de péripéties et on essaye d’avancer en s’associant avec les personnes qu’on choisit : des amis, des collègues, etc …

Le projet dont tu es le plus fier ?

(Réfléchit) Quand j’ai appris à faire du dev mobile (à Bordeaux dans une agence de dev web/mobile, Avril Consulting), je travaillais sur un projet unique qui s’appelait “l’Addition”. A ce moment-là, c’était encore une start-up et on a pris en charge le développement de leur application mobile sur iPad. Il s’agissait de créer une caisse enregistreuse sur iPad. Depuis, ils ont levé quelques millions d’euros et sont devenus un des leaders en France sur les caisses tactiles. Je suis fier de voir où ils en sont arrivés et d’avoir pu participer à ce projet pendant presque 3 ans.

Si tu pouvais changer quelque chose à ton parcours, ce serait quoi ?

Mon parcours en lui-même me plaît tel qu’il est. Peut-être que je commencerais l’informatique plus tôt éventuellement. A part ça, je ne changerais rien !

Comment fais-tu pour concilier ta vie d’homme et ton travail ?

Je dois avouer qu’en tant que développeur passionné, j’ai parfois du mal à m’arrêter de bosser, même les soirs et le week-end. Comme j’aime ce que je fais, je ne le ressens pas comme étant du “travail”.  Avant, j’avais même des projets personnels sur lesquels je travaillais le soir après le travail. Maintenant, j’ai une vie de famille alors se dégager du temps est devenu compliqué, encore plus depuis que je suis devenu papa. J’ai pris la décision de ne plus travailler les soirs et les week-ends, quitte à prendre un peu de retard parfois. Bien sûr, il reste quelques exceptions parfois. Malgré tout, je pense qu’il est primordial de séparer son temps de travail et sa vie personnel. Sinon, on passe à côté de sa vie personnelle : c’est quelque chose que je ne veux pas.

Quelles difficultés rencontres-tu au quotidien ?

La difficulté principale pour moi, c’est de faire tourner la boîte au bon rythme : à quel moment recruter ? à quel moment temporiser même si on est débordés ? Il faut aussi trouver l’équilibre entre gérer les projets et gérer l’entreprise en elle-même. Ca demande une certaine organisation que je perfectionne chaque jour. Il y a aussi deux difficultés annexes : savoir déléguer efficacement et dire “non” aux projets trop pressés qui ne sont pas propices à un travail de qualité. Je ne veux pas surcharger l’équipe de développeurs.

Imaginons que tu puisses changer quelque chose à ton travail, ce serait quoi ?

Dans l’idéal, j’aimerais arrêter la gestion de projet et déléguer cette fonction à un chef de projet dédié uniquement à ça. De mon côté, je m’occuperais uniquement de la partie technique, des spécifications et de la gestion des développeurs.

Le moment le plus embarrassant que tu aies vécu professionnellement ?

La première fois que j’ai dû me séparer d’un employé : c’est vraiment un exercice périlleux.

Imaginons que l’Internet n’existait pas, quel métier exercerais-tu aujourd’hui ?

Vétérinaire !

Dis moi quelque chose que je ne sais pas sur toi, est-ce que tu as un talent caché ?

Quand j’étais jeune, j’avais plusieurs piercings et je fumais. Mais je m’en suis séparé quand j’ai commencé à travailler.

As-tu une devise ? un motto ? un leitmotiv ? une philosophie ?

Never give up !

Et voilà ! Vous savez tout sur Thomas, ou presque. Si vous voulez en savoir plus sur son travail, rendez-vous sur son site squirrel.fr .

Et pour le reste, on se retrouve dans quelques jours pour la prochaine interview. Un indice. Son prénom est la réponse à la devinette suivante : “Monsieur et Madame Komélalanuite ont un fils. Comment s’appelle-t-il ?”